Calvin, Petit Traité sur la Sainte Cène
Voici un extrait du « Petit Traité sur la Sainte Cène »
de Calvin. A la lecture de ce passage, sauriez-vous repérer les moments ou Calvin développe les deux dimensions de la liturgie selon lui, que sont la relation avec Jésus-Christ Ressuscité et le don de la présence ?
La Cène nous rend témoignage qu’étant faits participants de la mort et passion de Jésus-Christ, nous avons tout ce qui nous est utile et salutaire. Ainsi, nous pouvons dire que le Seigneur [Dieu] nous déploie dans la Cène tous les trésors de ses grâces spirituelles, en tant qu’il nous fait compagnons de tous les biens et richesses de notre Seigneur Jésus. Qu’il nous souvienne donc que la Cène nous est donnée comme un miroir dans lequel nous pouvons contempler Jésus-Christ crucifié pour nous délivrer de la condamnation, et ressuscité pour nous acquérir la justice et la vie éternelle. Il est vrai que cette même grâce nous est offerte par l’Évangile. Toutefois, parce qu’en la Cène nous en avons une plus ample certitude et une jouissance plus pleine, c’est à bon droit que nous reconnaissons qu’un tel fruit nous en revient. Mais parce que les biens de Jésus-Christ ne nous appartiennent en rien, à moins que d’abord il [Jésus-Christ] soit nôtre, il faut qu’en premier lieu il [Jésus-Christ] nous soit donné en la Cène, afin que les choses que nous avons dites soient vraiment accomplies en nous. C’est pourquoi j’ai coutume de dire que la matière et la substance des Sacrements, c’est le Seigneur Jésus ; l’efficacité, ce sont les grâces et bénédictions que nous avons par son moyen. Or, l’efficacité de la Cène, c’est de nous confirmer la réconciliation que nous avons avec Dieu par la mort et la passion du Christ, la purification de nos âmes que nous avons par l’effusion de son sang, la justice que nous avons par son obéissance.