Conclusion
Vous voilà arrivés au bout de ce module sur les zombies et la thématique de la résurrection. Bravo !
La figure du zombie offre une liberté d'interprétation. Ce monstre issu d'un passé humain abîmé, putréfié et à l'humanité inexistante devient tour à tour symbole d'oppression, avec les « zombi » d'Haïti, ou symbole d'un humain avili et détruit dans son être par des expérimentation scientifiques sans limites. Il questionne notre rapport à l'autre, à l'altérité, dans la tentative de l'approcher en tant qu'objet (puis-je faire ce que je veux avec cette « chose » différente de moi ?) ou alors en tant que sujet (cette chose qui était un être humain, l'est-elle encore et puis-je interagir avec elle ?)
L'histoire de la résurrection de Lazare parle d'un mort qui revient à la vie. Il récupère son identité et ses facultés précédentes. Son corps est intact et son humanité revient en même temps que sa vie sous l'effet d'une injonction divine. Lazare récupère sa dimension de sujet agissant de son propre chef. C'est là l'une des principales différences qui empêche de classer Lazare dans la catégorie des zombies telle qu'elle est représentée dans l'imaginaire populaire.
Le zombie, lui, est un corps résolument sans âme. Il inspire la peur et sa présence appelle une réaction de fuite ou d'attaque. Sa seule issue est de disparaître de façon définitive. En ce sens, il n'est porteur d'aucune espérance. Mais il signale la fragilité du vivant et la tentation permanente de déshumaniser l'humain. Il devient alors une invitation à la liberté et à l'autonomie.
Le miracle que représente l'intervention divine dans la résurrection de Lazare réintègre légitimement Lazare dans la communauté des êtres humains vivants sans que ceux-ci en soient épouvantés. L'accueil joyeux réservé par le groupe hors du tombeau en constitue un signal manifeste. Ce récit n'est pas, en lui-même une réflexion sur la mort, mais il constitue une invitation à ne pas la considérer comme une fatalité marquée par la tristesse, le désespoir.
D'autres œuvres de la pop culture explorent l'idée du zombie comme une voie pour retrouver une humanité perdue grâce à l'empathie et la connexion émotionnelle. Par exemple, dans le film Warm Bodies (2013) un zombie recouvre peu à peu son humanité en tombant amoureux d'une vivante. L'amour et ses émotions deviennent une source d'espoir pour lutter contre la déshumanisation et la monstruosité du zombie.
Votre feedback :
Dans un souci d'amélioration qualité, nous vous serons très reconnaissant de partager votre feedback sur ce module. Toutes les données seront traitées de manière anonyme et confidentielle.
Cliquez ici pour accéder au formulaire d'évaluation.
