La Parole, un second élément fort
Un second élément présent dans toute liturgie chrétienne est constitué par la lecture et l’interprétation de textes bibliques. D’un point de vue strictement historique, les premières communautés chrétiennes s’inspirent de la tradition juive et lisent les textes sacrés de la tradition (ces textes seront plus tardivement identifiés comme « Ancien Testament » par les chrétiens). Les textes que nous connaissons sous l’appellation « Nouveau Testament » ne sont rassemblés que vers la fin du IIe siècle. Néanmoins, les textes les plus anciens, les lettres (Épîtres) font sans doute l’objet de lecture communautaires avant d’intégrer pleinement la liturgie.
La tradition chrétienne reprend l’idée de la Parole créatrice que l’on trouve dès l’origine dans les textes de la création (Genèse 1,1). Cette Parole est identifiée au Christ dans le fameux texte qui ouvre l’Évangile selon Jean (Jean 1,1). Une fois rassemblés en un seul corpus, les textes composant la Bible ont été considérés comme normatifs et clos (leur rédaction ne se poursuit pas). Ceci leur confère une posture de surplomb : il est possible de les interpréter et de se les approprier de différentes façons, mais non pas de les modifier ou d’en ajouter de nouveaux contenus.
