Quelques interprétations du texte de la résurrection de Lazare

Le texte de Jean 11 a donné lieu à de nombreuses interprétations. En voici quelques-unes :

Le miracle par excellence

Le thème du miracle est très présent dans les récits de la vie de Jésus. Il n'est pas d'abord à interroger du point de vue de la science, mais à voir comme l'illustration d'une intervention divine. Ainsi, la résurrection de Lazare peut-elle être interprétée comme le « miracle suprême » opéré par Jésus pour attester de sa divinité.

Une préfiguration de la résurrection de Jésus

La tradition chrétienne considère, dès son origine, que la mort et la résurrection de Jésus jouent un rôle central. La résurrection de Lazare est alors à concevoir comme l'annonce, la préfiguration, de la mort de Jésus lui-même. Le texte de Jean 11 est situé à la charnière entre le ministère de Jésus (ses prédications et ses signes miraculeux) et le récit de la passion (la souffrance, puis la mort et la résurrection). Il vient annoncer et renforcer l'idée de l'universalité de l'histoire de Jésus et de sa victoire sur la mort.

Un symbole de la foi, un symbole de l'Église

Ce texte est parfois interprété du point de vue de la foi personnelle. Lazare représente alors une image d'une foi « morte » qui a besoin d'être vivifiée par l'appel de Dieu. Saint-Augustin, interprète l'histoire de Lazare comme étant une allégorie du chemin de spiritualité qui mène l'âme de la mort à la vie. De façon semblable, l'Église est également appelée à quitter ses fonctionnements mortifères pour se laisser appeler à un surcroit de vie.

Un récit de l'anticipation d'une résurrection finale

La tradition chrétienne anticipe une résurrection eschatologique[1]. On le voit, par exemple dans les écrits de Paul de Tarse (1 corinthiens 15 :35-58) ou dans l'Évangile de Matthieu (22 : 31). Celle-ci prolonge une croyance déjà présente dans le judaïsme. Le récit de Lazare permet d'anticiper l'espérance d'un tel événement qui signifie la promesse d'une vie qui dépasse toute mort.