L'histoire de l'Église orthodoxe éthiopienne
L'Église éthiopienne orthodoxe, est l'une des plus anciennes Églises chrétiennes au monde. Son histoire est étroitement liée aux premiers moments de l'évangélisation en Éthiopie. Elle fait partie de ce que l'on appelle les Églises orthodoxes orientales, ou Églises des trois conciles.
L'expression Église des Trois Conciles fait référence aux communautés chrétiennes qui ne se basent que sur les trois premiers conciles œcuméniques du christianisme (Nicée en 325, Constantinople en 381 et Éphèse en 431). Ces Églises rejettent souvent le Concile de Chalcédoine de 451 et ses formulations christologiques. Pour les liturgies déjà entrevues dans ce module, on parle effectivement parfois des Églises chalcédoniennes, qui elles reconnaissent également le concile de Chalcédoine.
L'évangélisation de l'Éthiopie
La tradition éthiopienne affirme que l'évangélisation de l'Éthiopie remonte au IVe siècle de notre ère. Un eunuque éthiopien converti par l'apôtre Philippe, selon le récit des Actes des Apôtres (Actes 8:26-40), est souvent considéré comme le premier chrétien éthiopien. Ce converti, de retour dans son pays, aurait contribué à répandre la foi chrétienne dans la région.
Conversion du Roi Ezana
Le roi éthiopien Ezana est célèbre pour avoir été l'un des premiers rois à se convertir au christianisme. Sa conversion aurait eu lieu au cours de son règne, marquant un moment crucial dans l'histoire de l'Éthiopie, qui deviendrait plus tard l'une des premières nations à adopter le christianisme comme religion d'État.
Le règne d'Ezana est souvent associé à une période de prospérité et de puissance pour le royaume d'Aksum. Son royaume était impliqué dans le commerce avec l'Arabie et l'Inde, faisant d'Aksum un important centre économique et culturel.
Ezana est également connu pour avoir favorisé la langue guèze comme langue officielle du royaume. Le guèze est une langue sémitique ancienne qui a été utilisée dans les inscriptions royales et dans les premiers textes chrétiens éthiopiens.
Lien avec l'Église copte
L'Église éthiopienne orthodoxe a des liens historiques étroits avec l'Église copte d'Égypte. Les évêques éthiopiens étaient historiquement consacrés par le patriarche copte d'Alexandrie, et étaient généralement lui-même un Egyptien envoyé en Éthiopie. Ces liens ont contribué à façonner la liturgie, la théologie et la hiérarchie de l'Église éthiopienne. Le clergé éthiopien était supposé représenter l'Église copte dans ce diocèse, sans posséder une autonomie distincte. Cependant, la réalité historique et religieuse révèle une tout autre dynamique. En raison de son isolement géographique par rapport au reste du monde chrétien du Proche-Orient et de sa mise à l'écart due à l'expansion musulmane, l'Éthiopie a forgé un christianisme tout singulier. En 1959, en réponse aux requêtes persistantes des autorités ecclésiastiques éthiopiennes le patriarcat d'Alexandriea consenti à accorder à l'Éthiopie le privilège d'élire son propre patriarche, lui conférant ainsi l'autocéphalie, soit l'indépendance religieuse.
L'Arche de l'Alliance à Axoum
Une caractéristique intéressante de l'Église éthiopienne orthodoxe est sa croyance selon laquelle l'Arche de l'Alliance, qui aurait contenu les Tables de la Loi données à Moïse, est conservée à l'église de Sainte-Marie-de-Sion à Axoum. Cette conviction confère une importance particulière à cet endroit, faisant d'Axoum un lieu de pèlerinage et de vénération.
Réconciliation avec le Patriarcat d'Alexandrie
En 1987, l'Église orthodoxe éthiopienne a renoué officiellement avec le Patriarcat d'Alexandrie, rétablissant des liens historiques.
Aujourd'hui
L'Église éthiopienne orthodoxe reste une force religieuse et culturelle majeure en Éthiopie. Elle compte des millions de fidèles et joue un rôle central dans la vie spirituelle et sociale du pays. Les célébrations liturgiques, les fêtes religieuses et les pratiques traditionnelles continuent de refléter l'histoire riche et la spiritualité profonde de cette ancienne Église.




