Le slavon d'Église

Le slavon d'Église, en slavon Церковнославѧ́нскїй Ѧ҆зы́къ (Tserkovnoslavyanski Yazyk), est une langue liturgique utilisée principalement dans les différentes Églises orthodoxes slaves. Il descend directement du vieux-slave, plus ancienne langue slave dont on dispose de traces écrites.

Il s'écrit dans un premier temps à l'aide de l'alphabet glagolitique, inventé et apporté au IXe siècle dans les pays slaves du sud par les frères Cyrillle et Méthode. Plus tard, cet alphabet sera remanié et hellénisé pour donner l'alphabet cyrillique, proche de celui utilisé aujourd'hui pour le russe par exemple (avec un ensemble de lettres supplémentaires).

Dans les faits, on distingue deux formes de slavon, le slavon septentrional ou slavon russe, et le slavon méridional ou bulgaro-valaque. Le premier est plutôt en usage dans les pays slaves de l'Est (Russie, Ukraine, Biélorussie), le second dans les pays slaves des Balkans ainsi qu'en Roumanie et en Moldavie.

Aujourd'hui, le slavon d'Église est encore une langue utilisée dans la liturgie de l'Église orthodoxe dans les pays de langue slave. On le rencontre donc en Russie, en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie, en Bulgarie, en Serbie, au Monténégro, en Macédoine, et parfois en République tchèque ou en Slovaquie.

Voici, comme exemple de slavon d'Église accompagné de sa transcription en caractères latins, les premiers mots du « Notre Père » (Mt 6,9):

Ѻч҃е на́шъ, и҆́же є҆сѝ на нб҃сѣ́хъ, да свѧти́тсѧ и҆́мѧ твоѐ, да прїи́детъ цртвїе твоѐ: да бꙋ́детъ во́лѧ твоѧ̀, ꙗ҆́кѡ на нб҃сѝ и҆ на землѝ. хлѣ́бъ на́шъ насꙋ́щный да́ждь на́мъ дне́сь, и҆ ѡ҆ста́ви на́мъ до́лги на́шѧ, ꙗ҆́коже и҆ мы̀ ѡ҆ставлѧ́емъ должникѡ́мъ на́шымъ: и҆ не введѝ на́съ во и҆скꙋше́нїе, но и҆зба́ви на́съ ѿ лꙋка́вагѡ.

Ótche nash, ízhe yesí na nebeseẖ, da sviatítsia ímia Tvoyé, da priídet Tsárstviye Tvoyé: da búdet vólia Tvoyá, yáko na nebesí i na zemlí. H̱leb nash nasúshchnïy dazhd nam dnes, i ostávi nam dólgi násha, yákozhe i mï ostavliayem dolzhnikóm náshïm; i ne vvedí nas vo iskushéniye, no izbávi nas ot lukávago.